🧱 Format ciblé : Carrelage mural 30×60 cm (surface 0.18 m²).
⚠️ Règle essentielle : Le double encollage est recommandé et souvent obligatoire pour ce format, selon le DTU 52.2.
🎯 Pourquoi : Assurer une adhérence optimale (70 à 100% de contact), éviter les décollements et gommer les irrégularités du support.
⏱️ Conséquence : Prévoir +50 à +100% de quantité de colle et un peu plus de temps de pose.
Vous avez choisi un beau carrelage 30×60 pour votre salle de bains ou votre cuisine ? Bon choix, c’est un format moderne qui agrandit l’espace. Mais avant de tremper votre premier peigne dans la colle, il y a une question cruciale à régler : est-ce qu’un simple encollage du mur suffit, ou faut-il s’embêter avec la méthode dite « du double encollage » (colle sur le mur ET au dos du carreau) ?
Sur les forums, les avis sont partagés. Pourtant, la réponse des professionnels et des normes est claire. Je vais vous expliquer pourquoi, pour du 30×60 au mur, le double encollage n’est pas un luxe de perfectionniste, mais bien souvent une nécessité pour un travail qui dure. On va voir le pourquoi du comment, et je vous donnerai la marche à suivre concrète, comme si on était dans l’atelier.
Le double encollage, une obligation pour du 30×60 au mur ?
La première chose à comprendre, c’est que la pose de carrelage n’est pas un art approximatif. Elle est régie par des normes, notamment le DTU 52.2. Ce document technique unifié est la bible du carreleur. Et que dit-il ?
Il stipule que pour les carreaux de surface supérieure à 360 cm², des précautions particulières sont nécessaires pour obtenir un contact adhérent suffisant. Faisons le calcul : 30 cm x 60 cm = 1800 cm². On est largement au-dessus du seuil. Donc, dès lors qu’on parle de pose murale avec ce format, le DTU impose virtuellement le double encollage pour respecter l’exigence d’un contact colle-carreau optimal (visant 70 à 100%).
📐 La règle des 360 cm² : C’est le chiffre magique à retenir. En dessous (comme un 20×20), un encollage simple sur le support peut suffire en intérieur. Au-dessus, il faut sérieusement considérer le double encollage. Votre 30×60 est cinq fois plus grand !
Cette obligation se renforce dans certains contextes : en extérieur (toujours), sur un support non parfaitement plan, ou si le carreau est lourd (certains grès cérames épais) ou fragile (comme de la faïence fine). En salle de bains, où l’humidité et les variations de température sollicitent les matériaux, ne pas faire de double encollage, c’est prendre un risque inutile.
Les avantages concrets de la méthode
Mais au-delà de la règle, pourquoi ça marche mieux ? L’image que j’aime bien, c’est celle du scotch double face. Si vous ne mettez de la colle que sur le mur, vous appuyez le carrelage contre. L’adhésion se fait, mais il peut rester de l’air coincé, surtout si le mur ou le dos du carreau n’est pas parfaitement régulier.
Avec le double encollage, vous créez deux surfaces actives. Quand vous pressez le carreau, les deux couches de colle fusionnent, chassant l’air devant elles. Cela crée un effet « ventouse » parfait et assure un transfert complet de la colle. Les bénéfices sont immédiats :
- ✅ Adhérence maximale : Presque 100% de la surface du carreau est en contact avec la colle.
- ✅ Compensation des défauts : Ça permet de « lisser » de légères irrégularités du mur ou du carreau.
- ✅ Pose plus facile et ajustable : Le carreau « flotte » momentanément sur le lit de colle, vous laissant quelques secondes pour le mettre parfaitement d’équerre et d’aplomb avant que la ventouse ne se fige.
- ✅ Durabilité accrue : Moins de risque de décollement, de fissure ou de son creux (ce bruit inquiétant quand on tape sur un carreau mal collé).
Comment faire un double encollage réussi : la méthode pas à pas
La théorie, c’est bien, la pratique, c’est mieux. Voici comment procéder, avec les outils qu’il vous faut.
1. La préparation : le secret d’une bonne pose
Un double encollage ne rattrape pas un mauvais support. Votre mur doit être propre, solide, sec et absorbant. Un ancien carrelage lisse, une peinture glycéro ou un placo non traité ne feront pas l’affaire. Il faut souvent passer par une prparation spécifique (type primaire d’accroche ou ragréage). C’est la base, sans ça, tout le reste est inutile.
2. Le matériel et les produits
- 🍶 La colle : Privilégiez une colle déformable C2 (ou au minimum C1). La mention S1 signifie qu’elle est plus fluide, ce qui facilite grandement le double encollage. Pour la salle de bains, prenez une C2ES1 hydrofuge.
- 🪚 Les peignes : Deux tailles. Un peigne à dents de 8 à 10 mm (en U de préférence) pour encoller le mur. Un peigne à dents plus petites, 6 ou 7 mm (en V ou U), ou même une simple taloche, pour le préencollage du dos du carreau.
- 📏 Le niveau, les croisillons, la raclette en caoutchouc : Rien ne change de votre kit de pose habituel.
3. Les étapes de pose
Étape 1 : Encoller le mur. Avec votre peigne de 8-10 mm, étalez la colle sur une surface raisonnable (1m² maximum pour commencer). Lissez bien en maintenant un angle constant pour créer des sillons réguliers. Pas de « zoning », appliquez la colle partout de manière homogène.
Étape 2 : Préencoller le carreau (la clé !). Retournez votre carreau. Avec le petit peigne ou le plat de la taloche, étalez une fine couche de colle sur son dos. Ensuite, peignez cette couche avec des sillons. L’objectif n’est pas de faire une épaisseur, mais de créer une surface active. Ne collez pas jusqu’aux bords, laissez 2-3 cm de marge pour éviter que la colle ne déborde partout à la pose.
⚠️ Le test d’adhérence immédiate (test TAC) : Avant de coller définitivement, faites ce test simple. Après avoir préencollé le carreau, pressez-le légèrement contre le mur encollé, puis essayez de le retirer. Vous devez sentir une résistance franche. Si le carreau se détache trop facilement, c’est que votre colle est peut-être trop sèche, votre technique de peignage mauvaise, ou le support non absorbant. Corrigez le tir avant de continuer.
Étape 3 : Poser et aligner. Appliquez le carreau sur le mur en le faisant légèrement glisser (d’un mouvement de va-et-vient de quelques centimètres) pour bien faire pénétrer les deux couches de colle. Pressez fermement. Le fait d’avoir préencollé vous laisse un petit laps de temps pour ajuster parfaitement le niveau et l’écart avec les croisillons avant que la colle ne prenne.
Double encollage vs simple : le tableau comparatif
Pour y voir clair, voici un récapitulatif des situations qui demandent un double encollage. Cela dépend du format, mais aussi du lieu de pose.
| Format de carrelage | Pose murale (Intérieur sec) | Pose murale (Salle de bain/Intérieur humide) | Pose extérieure |
|---|---|---|---|
| ≤ 30×30 cm (≤ 900 cm²) | Simple encollage suffisant | Double encollage recommandé | Double encollage obligatoire |
| 30×60 cm (1800 cm²) | Double encollage fortement recommandé (obligatoire si support irrégulier) | Double encollage obligatoire | Double encollage obligatoire |
| ≥ 60×60 cm | Double encollage obligatoire | Double encollage obligatoire | Double encollage obligatoire |
Quelques pièges à éviter et conseils de terrain
- 🚫 Ne pas utiliser une colle trop épaisse : Une colle fluide (S1) est bien plus adaptée au double encollage qu’une colle pâteuse.
- 🚫 Éviter les peignes usés : Des dents rondes ou de hauteurs inégales ne créeront pas un lit de colle régulier, point essentiel pour la méthode.
- 🚫 Ne pas attendre trop longtemps : Encoller le mur, puis préencoller 10 carreaux d’avance ? Mauvaise idée. La colle sur le mur va former une « peau ». Travaillez par zone limitée.
- 💡 Quantité de colle5 et 7 kg de colle par mètre carré, contre 3 à 4 kg pour un simple encollage.
- 💡 Nettoyage rapide : Avec le double encollage, la colle a plus tendance à sortir des joints. Nettoyez les excédants à la raclette en caoutchouc dès que possible, avant qu’ils ne durcissent.
✨ Mon verdict
Après avoir passé en revue les normes, la technique et les retours d’expérience, ma position est sans appel : pour un carrelage mural en 30×60, le double encollage n’est pas une option, c’est la méthode. Les arguments du « c’est long » ou « ça consomme plus de colle » ne tiennent pas face au risque d’entendre un « son creux » dans six mois ou de voir un carreau se décoller dans une pièce humide.
Les trois points clés à retenir sont : 1) La règle des 360 cm² du DTU vous y oblige quasiment, 2) L’effet ventouse et la compensation des défauts qu’offre la méthode sont inégalés, et 3) Cela rend la pose plus sûre et plus ajustable pour un amateur.
Ma recommandation personnelle ? Prenez la journée pour bien préparer votre support, investissez dans un seau de colle déformable C2 de qualité et deux peignes aux dents bien nettes. Le surcoût et le temps additionnel sont votre assurance tous risques pour un carrelage qui tiendra des décennies. C’est un peu comme les fondations d’une maison : ce qui est bien fait en dessous ne se voit pas, mais ça tient tout l’édifice.
Et vous, avez-vous déjà tenté le double encollage sur un grand format ? Avez-vous ressenti cette fameuse « ventouse » qui rassure ? Partagez votre expérience en commentaire, surtout si vous avez rencontré des galères, ça pourra aider tout le monde !
Le double encollage est-il vraiment obligatoire pour du 30×60 en intérieur sec ?
D’un point de vue strictement normatif (DTU 52.2), oui, il est exigé pour les carreaux d’une surface supérieure à 360 cm², ce qui est le cas du 30×60 (1800 cm²), afin d’obtenir un contact adhérent suffisant (visant 70 à 100%). En pratique, sur un mur parfaitement préparé (ragréé, primé) et en intérieur sec, un professionnel aguerri pourrait s’en passer avec une colle très fluide. Cependant, pour un bricoleur, le risque de mauvaise adhérence est réel. La plupart des fabricants de colle et des carreleurs recommandent systématiquement le double encollage pour ce format, considérant que la sécurité et la durabilité priment. Il est donc fortement conseillé de le considérer comme obligatoire. Source : Outillage Carrelage – Les règles du double encollage.
Quelle taille de peigne utiliser pour le double encollage d’un 30×60 ?
Il faut deux peignes. Pour l’encollage du mur (le lit de colle principal), utilisez un peigne à dents en U de 8 à 10 mm. La dent en U, plutôt qu’en V, permet une meilleure répartition et un meilleur contact. Pour le préencollage du dos du carreau, utilisez un peigne plus petit : une dent de 6 à 8 mm (en V ou U) est parfaite. L’objectif ici n’est pas de déposer une épaisse couche, mais de créer un quadrillage régulier qui permettra la fusion des deux couches de colle et l’évacuation de l’air. L’important est que les sillons sur le mur et ceux au dos du carreau soient parallèles pour optimiser le contact. Source : Point.P – La technique du double encollage.
Combien de colle en plus faut-il prévoir avec le double encollage ?
Il faut prévoir une augmentation de 50% à 100% de la quantité de colle par rapport à un encollage simple. Concrètement, si pour un encollage simple on utilise environ 3,5 à 4 kg de colle par m² pour du 30×60, il faudra compter entre 5,5 et 7 kg par m² avec la méthode du double encollage. Cette variation dépend de l’épaisseur des peignes utilisés, de la planéité du support et de la technique de l’opérateur. Il est toujours plus prudent d’acheter un sac de plus que de manquer en plein chantier. Un excédent peut se conserver si l’emballage est bien refermé. Source : As de Carreaux – Calculer la quantité de colle.
Peut-on faire un double encollage avec n’importe quel type de colle ?
Non, toutes les colles ne se prêtent pas aussi bien au double encollage. Il est impératif d’utiliser une colle déformable (C1 ou mieux, C2). La déformabilité permet à la colle d’absorber les micro-mouvements du support sans fissurer. Pour faciliter grandement l’opération, privilégiez une colle de classe S1 (colles à haute déformabilité et plus fluides). Cette fluidité permet une meilleure fusion des deux couches et un étalage plus aisé sur le dos du carreau. Pour les pièces humides, choisissez une C2ES1. Évitez les colles classiques (C0) et les colles trop pâteuses qui rendent le préencollage difficile et moins efficace. Source : MesDepanneurs.fr – Avantages du double encollage.
Le double encollage est-il nécessaire pour tous les types de carreaux (faïence, grès, pierre naturelle) ?
Oui, la nécessité du double encollage est d’abord liée au format (surface), mais elle est renforcée par la nature du carreau. Pour les grès cérames denses et lourds, il est indispensable pour porter le poids. Pour la faïence fine et poreuse, il est crucial car elle absorbe l’eau de la colle très vite ; le préencollage garantit qu’elle ne « boive » pas toute l’humidité du lit de colle mural, ce qui provoquerait un décrochage. Pour les pierres naturelles comme le travertin qui ont des cavités, le double encollage (parfois même avec un encollage au rouleau complémentaire) est obligatoire pour remplir les trous et assurer une portance uniforme. Source : StoneNaturelle – Méthode pour pierres naturelles.